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J'ai refait notre site WordPress avec Claude Code en quelques soirées
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IA & GenAI10 min de lecture

J'ai refait notre site WordPress avec Claude Code en quelques soirées

Pierre DEBUSSCHEPierre DEBUSSCHE|Mars 2026

Le constat

On est un cabinet de conseil SI. On dit à nos clients de moderniser leurs systèmes, de ne pas garder de la dette technique par confort, de traiter leur présence numérique comme un actif stratégique. Et notre propre site ? Un WordPress de 4 ans qui chargeait en 6 secondes, dont le design ne reflétait plus notre positionnement, et où la moindre modification demandait de passer par un prestataire

Le cordonnier mal chaussé, dans toute sa splendeur. Sauf que quand vous vendez des chaussures, ça se voit

Il fallait que ça change

Ce que ce REX n’est pas : Un site vitrine de cabinet 10 personnes n’est pas un système d’information d’ETI. Pas de dette technique de 15 ans, pas d’ERP, pas de RGPD/HDS, pas d’intégrations critiques, pas d’équipes pluridisciplinaires à coordonner. Les ratios de gain observés ici (10x subjectif sur tâches bien cadrées) ne se transposent pas mécaniquement à un SI en production. Cet article partage des questions, pas une recette. Pour un DSI d’ETI qui évalue l’IA codante chez ses devs, voir la section finale.

La décision

J’aurais pu faire appel à une agence. Cahier des charges, ateliers de cadrage, maquettes, allers-retours, recette. Trois à six mois et un budget conséquent. C’est le chemin classique, et il fonctionne

Mais j’avais une autre question en tête : est-ce qu’un dirigeant technique, seul, sur ses soirées, peut livrer un site professionnel en utilisant l’IA comme unique coéquipier ? Pas un prototype, pas un POC qu’on montre en démo et qu’on jette ensuite. Un vrai site en production, avec tout ce qui va avec : sécurité, performance, référencement, déploiement automatisé

Honnêtement, je n’étais pas sûr que ça allait marcher. Un site complet, en production, construit sur des soirées avec une IA ? Ça ressemblait à une promesse de thread LinkedIn. Mais le risque était faible (un abonnement, du temps personnel) et la question méritait une vraie réponse

J’ai pris un abonnement Claude Code, et j’ai commencé

Le résultat

Le WordPress chargeait en 6 secondes. Le nouveau site charge en moins d’une seconde. Le WordPress était invisible sur Google au-delà de notre nom de marque. Le nouveau site se positionne sur des requêtes métier. Le WordPress nécessitait un prestataire pour chaque modification. Aujourd’hui, l’équipe éditoriale publie en autonomie via un CMS intégré

Le site fait 80+ pages, 28 articles de blog, des landing pages modulaires, et un déploiement continu sur Cloudflare Pages avec des environnements de validation automatiques. Le tout construit en environ 80 heures cumulées sur 5 semaines, en parallèle de l’activité cabinet. Coût outillage : abonnement Claude Code (de l’ordre de 200 USD/mois sur la période), Cloudflare Pages gratuit à ce volume. Pas de prestataire externe

Ce n’est pas le site parfait. Mais c’est notre site, on le maîtrise de bout en bout, et on peut le faire évoluer à volonté

Temps de chargement, référencement, autonomie éditoriale : les gains sont mesurables. Mais les vrais enseignements sont ailleurs

Les 3 leçons que je n’attendais pas

Ce projet m’a appris des choses que je n’avais pas anticipées. Pas sur la technologie, sur la façon dont l’IA change le travail d’un décideur

Leçon 1 : Le bottleneck n’est plus le code, c’est la clarté de ce qu’on veut

C’est la leçon la plus contre-intuitive. J’ai passé plus de temps à formuler ce que le site devait être (la structure des pages, le ton éditorial, le parcours utilisateur, ce qu’on met en avant et ce qu’on laisse au second plan) qu’à le construire

Claude Code exécute vite. Vraiment vite. Mais il exécute ce que vous lui demandez. Un brief flou donne un résultat flou. Une page mal pensée sera parfaitement codée, mais elle restera une page mal pensée

Avant, le code était le goulot d’étranglement. On avait des idées, mais leur réalisation prenait des semaines ou des mois. Maintenant, le code suit le rythme de la pensée. Et du coup, c’est la pensée qui doit être au niveau

La compétence critique n’est plus de savoir coder. C’est de savoir cadrer. Savoir ce qu’on veut, pourquoi on le veut, et pour qui. Avant de construire la page expertises, j’ai passé une heure à définir l’ordre des 6 expertises, le message de chaque carte, et le parcours vers la prise de contact. Cette heure de cadrage a produit la bonne page du premier coup. L’IA ne compense pas un manque de vision, elle l’amplifie. Si vous savez exactement ce que vous voulez, le résultat est spectaculaire. Si vous ne savez pas, vous obtiendrez un site techniquement impeccable qui ne sert à rien

C’est une bonne nouvelle pour les dirigeants. Parce que cadrer, c’est exactement ce qu’on fait tous les jours

Sauf que savoir cadrer ne suffit pas. Encore faut-il avoir le bagage pour évaluer ce que l’IA propose

Leçon 2 : L’IA n’abaisse pas la barrière d’entrée, elle change l’échelle de ce qu’un expert peut produire

On entend beaucoup que l’IA va permettre à tout le monde de créer des logiciels. C’est séduisant, mais ce n’est pas ce que j’ai observé

Je fais du tech depuis 15 ans. Sans cette expérience, Claude Code n’aurait pas suffi : choisir la bonne architecture d’hébergement, concevoir un déploiement automatisé avec des environnements de validation, auditer la sécurité du site et déterminer quels risques sont acceptables pour un site vitrine et lesquels ne le sont pas, concevoir une organisation du contenu qui reste cohérente quand l’équipe éditoriale publie sans passer par un développeur, ces décisions ne viennent pas de l’IA. Elles viennent de 15 ans de projets, de migrations ratées et de choix qu’on a payés cher

Ce que l’IA change, c’est que chacune de ces décisions est en production le soir même, pas dans un backlog qui attend 3 mois de développement. Le jugement reste humain. L’IA lui donne un temps de cycle que personne n’avait avant

L’IA ne démocratise pas le développement. Elle donne aux gens qui ont le jugement une vitesse d’exécution qu’ils n’avaient jamais eue. C’est une différence fondamentale, et elle a des implications directes sur la façon dont on devrait penser la montée en compétences des équipes

Un développeur junior avec Claude Code ne devient pas un senior. Un senior avec Claude Code, en revanche, livre ce qu’une équipe de cinq livrait avant, c’est ce que j’observe sur ce projet, sans que ce ratio soit transposable mécaniquement. Les études externes (DORA Report 2024, recherche GitHub sur l’impact de Copilot) mesurent des gains plus modestes en moyenne, avec une forte variance selon les profils et les tâches. C’est néanmoins là-dessus que se joue la transformation

Pour le détail technique de ces choix, voir notre retour d’expérience technique.

Un senior qui livre comme cinq, c’est un gain de productivité. Mais la conséquence de second ordre est plus intéressante

Leçon 3 : Le vrai ROI n’est pas le coût évité, c’est la vitesse de décision

Oui, j’ai économisé le coût d’une prestation agence. C’est factuel. Mais si on s’arrête là, on passe à côté de l’essentiel

La vraie valeur, c’est la boucle courte entre l’idée et le marché. Quand je veux tester une idée (une nouvelle landing page pour une offre, un article sur un sujet qui émerge chez nos clients, un parcours différent pour un segment), c’est en production le soir même. Pas dans 3 semaines. Le soir même

Un mardi soir, un client me pose une question sur le FinOps IA. Le mercredi matin, un article structuré est en ligne sur le blog. Essayez de faire ça avec un process agence

Cette vélocité change la façon dont on pilote un cabinet. On ne fait plus de plans à 6 mois pour le site. On itère, on teste, on mesure, on ajuste. Une page ne performe pas ? On la refait demain. Une offre trouve son public ? On la développe dans la semaine

Le ROI d’un outil comme Claude Code, ce n’est pas une ligne de moins dans le budget prestataires. C’est une organisation qui peut réagir à la vitesse du marché au lieu de réagir à la vitesse de son backlog IT

Cadrage, expertise, vélocité, trois leviers, un même constat : l’IA ne change pas ce qu’on fait, elle change ce qu’on peut se permettre de tenter. Et ça pose une question que la plupart des organisations n’ont pas encore affrontée

Pour un DSI d’ETI qui évalue l’IA codante

Ce REX porte sur un cas favorable : projet greenfield, périmètre vitrine, tech moderne, décideur unique. Sur un SI d’ETI (ERP legacy, intégrations critiques, équipes pluridisciplinaires, conformité RGPD/HDS), les ratios de gain sont différents et plus difficiles à mesurer. Les études externes les plus sérieuses (DORA Report 2024, recherche GitHub sur Copilot) suggèrent des gains plus modestes que ce que je décris ici, avec une forte variance selon les profils et le type de tâche. Lire ce REX comme un cas favorable, pas comme une promesse généralisable

Plutôt que de généraliser, voici les questions concrètes à se poser quand on dirige une DSI d’ETI (500-2000 personnes, équipe IT 10-30) :

  • Quel périmètre greenfield existe dans votre roadmap ? Outillage IT interne, intranet, dashboards métier non-critiques, automatisations de back-office, scripts de migration, prototypes d’interfaces. Pas l’ERP, pas le SIRH, pas le cœur métier
  • Quels seniors auraient le profil pour porter le pilote ? Il faut un jugement architectural, une vraie pratique du code, et la posture pour challenger les propositions de l’IA. Un junior livre du code, pas une décision
  • Quels garde-fous documenter avant le pilote ? Conventions de code, règles de revue, périmètre des données autorisées à sortir vers le LLM, gestion des secrets, licences IP des outputs, dépendance fournisseur. Ces éléments se décident hors session, pas pendant
  • Comment mesurer honnêtement le gain ? Lignes de code n’est pas une métrique. Le délai feature -> production, la stabilité en run, le taux de régressions sont les vrais indicateurs. Prévoir une mesure avant/après sur le périmètre pilote
  • Quels risques spécifiques ETI ? Données fuitées vers le LLM (à cadrer contractuellement), licences IP des outputs, conformité (HDS, RGPD), dépendance fournisseur, intégration avec les outils existants (IDE d’entreprise, SSO, audit logs)

Pour le détail technique du workflow (BMAD, GSD, gstack, registry pattern, audit OWASP), voir le retour d’expérience technique

Ce n’est que le début

Le site est en production, mais l’approche continue d’évoluer. Les outils s’améliorent chaque mois, les méthodes se structurent, et ce qu’on a appris sur ce projet alimente directement ce qu’on recommande à nos clients. On ne vend pas de la théorie, on partage ce qu’on a pratiqué, avec ses réussites et ses limites

C’est aussi ça, pratiquer ce qu’on prêche. Accepter qu’on n’a pas fini d’apprendre, et que le meilleur moyen de conseiller, c’est de rester les mains dans le cambouis

Sources et méthodologie

Cet article est basé sur l’expérience directe de l’auteur sur le projet nobori-partners.fr, mené entre février et mars 2026. Les observations et les chiffres cités (temps de chargement, nombre de pages, délais de production) sont issus de ce projet

  • Claude Code : outil de développement assisté par IA (Anthropic)
  • Astro : framework web statique utilisé pour la reconstruction
  • Cloudflare Pages : hébergement et CDN

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Pierre DEBUSSCHE

Pierre DEBUSSCHE

Cofondateur & Dirigeant

AWS SA ProfessionalCKATOGAF 9.2

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